Chapitre 19 : La bataille de Hözel

Publié le par KaiM

 

Tarlaq empoigna le garde le plus proche et lui brisa le cou, puis se jeta sur un chandelier et en abattit le pied sur un autre adversaire. Le baron fit tournoyer son arme de fortune et les bougies d’en détachèrent, révélant les longues pointes de métal qui les avaient retenues. A cette vue, les soldats hésitèrent, et ce fut Tarlaq qui attaqua. Alexandre se saisit de ses couteaux et poignarda les deux hommes qui l’encadraient. Il savait que ses adversaires ne le tueraient pas pour ne pas perdre les Bracelets, aussi se jeta-t-il sans hésiter dans la mêlée. Hustouk s’était emparé d’une lance et d’un bouclier, et faisait le vide autour de lui par de grand moulinets. Namâric, qui combattait à mains nues, aperçut son épée aux mains de l’un des gardes. Il plongea entre deux adversaires, passant de justesse sous leurs lames, roula au sol et se releva devant l’homme qui détenait son arme. Le Paladin évita aisément une attaque et terrassa son adversaire d’un coup de pied retourné en plein visage. Namâric avait conscience d’être complètement fou de prendre autant de risques pour une simple épée, mais lorsque sa main se referma sur son arme favorite, l’excitation le gagna. Il prit d’assaut quatre soldats à la fois, totalement sûr de lui.

            Dario semblait glisser sur le dallage de la salle. Il ne s’attardait jamais sur un opposant, se contentant de parcourir la pièce en abattant son sabre par des gestes fulgurants sur tous les gardes qui passaient à sa portée. En combattant, le mage rencontra Alexandre, qui luttait avec énergie.

            - Que fais-tu ici ? s’inquiéta le maître Chanteur. Tu devrais te mettre à l’abri !

            - Je vous rappelle que si je suis tué, les Bracelets perdront leur pouvoir, répliqua le Prince en frappant un assaillant à la jambe. Ils ne m’abattrons donc pas.

            - Quoi qu’il en soit, déclara Dario en parant un violent coup de hache, il faut filer au plus vite !

            - Hors de question ! Nous devons anéantir ces Chevaliers tant que nous en avons l’occasion !

            - Il n’y a pas si longtemps, tu m’aurais obéi sans faire d’histoires, remarqua le maître Chanteur. L’aventure ne te réussit pas ! Mais je n’ai pas le temps de discuter, alors je vais exécuter ton plan ! D’ailleurs, ça me défoulera !

            Et le mage enfonça sa lame dans le ventre d’un des gardes, qui s’effondra dans un râle d’agonie, puis tendit bras vers un autre homme. Un rayon bleuté jaillit de sa main et traversa le torse du soldat. Alexandre comprit que Dario avait chanté pendant plusieurs heures pour accumuler l’énergie nécessaire à cette confrontation.

            Le Prince observa le déroulement de la bataille. Les mercenaires d’Irno Vorgen étaient de redoutables combattants. Par groupes de trois, ils abattaient leurs adversaires avec puissance et méthode. A chaque fois que l’un d’eux subissait une blessure mortelle, il éclatait dans une terrible déflagration.

            - Pourquoi ces hommes meurent-ils de cette manière ? demanda Alexandre.

            - Vorgen et ses serviteurs ne sont pas des hommes, expliqua Dario sans cesser de combattre, mais des démons venus d’un autre monde ! Je pense que c’est cette Greta qui les a conjurés et menés jusqu’ici. Elle me semble une puissante sorcière !

            Alexandre repéra la vieille femme dans un coin de la salle, recroquevillée sur sa protégée. Si elle avait des pouvoirs magiques, en tout cas elle ne s’en servait pas ! Ils allaient devoir se débrouiller sans elle. Cela ne gênait pas particulièrement le Prince, qui estimait que la bataille tournait à présent en sa faveur.

            Draxor fut le premier à remarquer, grâce à sa vue élargie par son masque, qu’un groupe d’archers prenait position sur le balcon. Le Paladin projeta sa hache sur un soldat qui s’apprêtait déjà à tirer, et la lame ouvrit son crâne en deux. Puis il dégaina son sabre et se tourna vers l’escalier... où Tektus barrait la route aux mercenaires qui tentaient de gagner l’étage. Le Paladin fit un signe à Dario, qui leva les yeux et comprit aussitôt la menace. Le maître Chanteur n’avait plus assez d’énergie pour détruire les armes de ses adversaires, comme il l’avait fait précédemment, aussi décida-t-il d’intervenir de façon plus offensive. Il libéra sa magie pour éliminer trois archers qui bandaient leurs arcs, puis, d’un bond, se propulsa sur la plate-forme tout en faisant tournoyer son sabre. Avant même que le mage n’ait touché le sol, deux hommes étaient tombés sous sa lame.

            Namâric avait suivi le mouvement de Dario, et savait que le maître Chanteur ne viendrait pas seul à bout des archers. Le Paladin réalisa à son tour un saut périlleux qui l’amena à quelques mètres du mage. Il se jeta aussitôt sur les soldats qui l’entouraient. Le premier reçut la lame du Paladin dans l’œil et mourut sans comprendre ce qui lui était arrivé. Le second braqua son arc sur Namâric, mais il ne fut pas assez rapide pour tirer. Le Paladin se fendit et transperça le cœur de l’archer, puis repoussa un troisième adversaire d’un coup de pied dans les côtes. L’homme recula, le souffle coupé, et par manque de chance, se retrouva sous le sabre de Dario.

            Les autres archers, plus soucieux de sauver leurs vies que de venir en aide à leurs camarades qui combattaient dans le hall, décochèrent une pluie de flèches aux deux combattants. Namâric utilisa comme bouclier le corps d’une de ses victimes tandis que Dario virevoltait entre les traits sans qu’aucun ne l’atteigne. Draxor voyait que les deux guerriers n’allaient pas tenir très longtemps sous ces tirs croisés, mais Tektus repoussait toujours les mercenaires qui s’engageaient dans l’escalier, les empêchant de gagner l’étage ou d’attaquer Kandrill. Le Paladin au masque d’or ne pouvait pas égaler les prouesses acrobatiques de Dario et Namâric, mais il trouva cependant un moyen de les rejoindre. Bondissant sur un chandelier, il agrippa la rampe du balcon et se hissa sur la plate-forme, devant le plus grand groupe d’archers. Draxor les bouscula d’un puissant coup d’épaule, puis leva son sabre et entreprit d’anéantir ses adversaires avant qu’ils ne puissent réagir.

            Pendant ce temps, le combat faisait toujours rage au rez-de-chaussée. Les mercenaires disparaissaient les uns après les autres, succombant sous le nombre. Un garde armé d’une masse brisa en deux la lance d’Hustouk. L’Ork repoussa son adversaire à l’aide de son bouclier, fit passer par-dessus lui un homme qui l’attaquait dans le dos, puis s’empara d’une hache et reprit la lutte. Vorgen combattait avec brio, son cimeterre tournoyant et déchirant les chairs sans jamais ralentir. Sur un signe de Greta, le marchand se fraya un chemin jusqu’à l’escalier, où il trouva Tektus. Le Varak abattit sa hache, mais Vorgen esquiva le coup et riposta aussitôt, entamant la jambe du colosse. Cette diversion suffit au marchand pour contourner son adversaire et faire face à Kandrill. Raxos tenta de s’interposer, mais le Chevalier Blanc l’arrêta.

            - Laisse-le moi, dit-il en tirant son épée. J’ai besoin d’exercice.

            Vorgen attaqua avec furie, son cimeterre décrivant une large parabole. Kandrill para le coup puis bondit par-dessus son assaillant en abattant sa lame. En un éclair, Vorgen plongea en avant pour échapper à l’attaque, rebondit sur une des marches, revint sur son adversaire et lui assena un terrible coup à la poitrine. La cuirasse de Kandrill fut déchirée sur toute sa largeur, révélant une tunique blanche, mais la lame n’entailla pas la chair du Chevalier. Le marchand voulut porter une seconde attaque, mais l’épée de Kandrill fut plus rapide et traversa Vorgen de part en part. Le marchand tomba en poussière.

            - Raxos ! appela le Chevalier Blanc sans perdre de temps. Elimine cet homme !

            Il désignait Namâric.

            Le Zahr s’élança vers le balcon, où le Paladin affrontait trois soldats à la fois. Raxos attendit poliment la fin du combat, jaugeant son adversaire. Namâric frappa un garde au ventre, contra une attaque et trancha la gorge du second d’un revers de sa lame. Le troisième se fendit avec son épée, mais le Paladin évita sans peine cet assaut bien trop lent, et abattit son arme sur le crâne du soldat. Il se retourna et aperçut Raxos. Le Zahr ne portait pas d’armure, mais brandissait une longue barre de métal hérissée de pointes et de lames de toutes tailles. Namâric se demanda comment la créature pouvait manier un tel objet sans se blesser, mais, n’ayant pas le temps de s’attarder sur la question, attaqua, visant la tête. Plutôt que de parer le coup, Raxos abattit lui aussi son arme. le Paladin, renonçant à son assaut, contra l’attaque et recula de plusieurs pas sous la violence du choc. Il comprit que les bras du Zahr avaient une force immense, et se résolut à esquiver les prochains coups.

Publié dans histoiresdefarlo

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menthe religieuse 26/07/2005 11:46

Salut, je n'ai lu que quelques lignes de ton histoire et j'ai déjà envie de la lire en entier. C'est super continue !