Chapitre 18 : Dario passait par là...

Publié le par KaiM

 

L’instant se figea. Vladek reprit la parole.

            - Quoi ? Je vous étonne ? C’était pourtant évident ! Comment les Vzad’orû’bausns auraient-ils su que les Bracelets se trouvaient dans notre convoi si un espion infiltré dans l’entourage du roi ne les en avait pas informés ? Comment le Prince aurait-il pu se retrouver seul face à Raxos si je ne l’avais pas moi-même abandonné ? Oh, certes, vous vous demandez : pourquoi lui ? C’était pourtant un formidable ami ! Et je vous répondrai : parce que l’or est plus concret que l’amitié !

            En débitant sa tirade, il s’était approché de Kandrill, qui enchaîna :

            - Les humains sont si faciles à rallier ! Il suffit d’y mettre le prix ! Cela m’a toujours étonné ! Pour s’attacher un Wolk, il faut lui préparer un repas très particulier, pour contrôler un Varak, on doit porter le bout de sa corne droite en pendentif, pour asservir un Ork... on ne peut pas. Mais pour les hommes, l’or suffit !

            Les soldats désarmèrent les compagnons d’Alexandre, mais le Prince parvint de justesse à dissimuler ses couteaux.

            - Vladek, tu me paieras cette trahison ! tonna Tarlaq.

            - J’en doute, mon vieil ami, ricana le capitaine. Tu aurais du t’en rendre compte plus tôt, maintenant il est trop tard ! Comme dit le vieil adage : "Aime tes ennemis, c’est le meilleur moyen de leur porter sur les nerfs" !

            - Est-ce vraiment adapté à la situation ? questionna Namâric.

            - Ca m’énerve ! s’écria Vladek. Je n’arrive jamais à trouver le proverbe qui convient ! Attendez, c’était du genre : "Approche tes ennemis, c’est ainsi que tes coups feront le plus mal". Euh, non, ce n’est pas ça, attendez...

            - Ca ira très bien comme ça, coupa Kandrill. Emmenez-les !

            Alexandre entendit une voix s’élever dans sa tête : "Gagne un peu de temps".

            - Un instant ! intervint le Prince. Certaines de mes questions restent encore sans réponse !

            - Pose-les toujours, proposa le chevalier, je jugerais si je peux y répondre.

            - Lorsque j’ai affronté Raxos, il m’avait juré de me révéler qui avait commandité l’attaque des Wolks dans la vallée. Le savait-il ?

            - C’était un mensonge. Il était certain de remporter la partie.

            - Pourquoi êtes-vous si nombreux à camper dans ce village ?

            - Nous n’aimons pas agir en petits commandos. Nous infiltrons sans difficulté des forces importantes sur nos terrains d’action au cas où nous devrions tenter un coup de force.

            - Comment m’avez-vous retrouvé, hier soir ?

            - Tu ne le sais pas ? Une immense énergie magique a été déployée. Je ne sais pas ce que tu as fait, mais ça s’est senti à des lieues à la ronde !

            Cela intéressait Alexandre. Il ne savait toujours pas ce qui s’était passé, mais il lui semblait bien qu’il avait utilisé les Bracelets d’Arzhan. Les dires de Kandrill allaient dans ce sens. La voix résonnait toujours "Gagne encore quelques secondes".

            - Qu’allez-vous faire des Bracelets ?

            - Ca, ça ne te regarde pas !

            Le Prince estimait ses chances de pouvoir engager le combat. Lui seul était armé. Vingt arcs tendus étaient dirigés vers ses amis. Kandrill et Raxos étaient sûrement de redoutables combattants. Tektus obéissait à ses ennemis. La voix s’éleva une troisième fois : "C’est bon. Distrais son attention et couche-toi !"

            - A quel moment avez-vous commis une énorme erreur ? s’écria le Prince avant de se jeter à terre, imité par ses compagnons.

            A cet instant, la grande porte explosa. Les deux lourds battants furent propulsés à travers la salle, balayant un grand nombre de soldats. Les survivants, interloqués, se tournèrent vers l’ouverture par laquelle s’engouffraient le vent et la neige.

            Devant eux se tenait Dario d’Yrwald. Il paraissait extrêmement calme. Son sabre reposait dans sa main droite. Une flamme bleue brillait dans sa main gauche. A ses côtés se tenaient Draxor, sa hache de guerre à la main, ainsi qu’Irno Vorgen et ses mercenaires, leurs arbalètes armées.

            Dario claqua des doigts et les arcs des Chevaliers se brisèrent. Vorgen hurla un ordre qui fut presque couvert par la tempête, et ses hommes décochèrent une volée de carreaux. Un autre groupe de soldats s’effondra tandis que les rescapés chargeaient, lances en avant. Dario se jeta sur eux, suivi de près par Draxor, pendant que les mercenaires dégainaient leurs cimeterres. Le maître Chanteur fouetta l’air de son sabre si rapidement que personne ne put suivre son mouvement. Trois soldats s’écroulèrent. La hache de Draxor se balança, puis revint. Deux autres têtes tombèrent. Les deux hommes retinrent les Chevaliers pendant quelques secondes qui permirent à Vorgen et à ses mercenaires de saisir leurs boucliers et de s’élancer à leur tour dans la bataille.

Publié dans histoiresdefarlo

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