Chapitre 9 : Le chevalier au masque d'or

Publié le par KaiM

 

Alexandre était sur le point d’exploser, lorsqu’il remarqua qu’il faisait encore nuit, et que Tarlaq, Vladek et Namâric se tenaient également à ses côtés, habillés et armés.

-         Que se passe-t-il ? s’enquit le Prince.

-         Nous partons, répondit simplement le baron.

-         C’est encore une de ses idées navrantes, précisa Vladek.

-         La situation ne me plait pas du tout, se justifia Tarlaq. Nous devons quitter cette caravane tant qu’il en est encore temps.

-         Je suis d’accord avec lui, déclara Namâric.

Alexandre se tourna vers Hustouk.

-         Pour ma part, grogna l’Ork, je pense qu’il vaudrait mieux rester ici, mais je suivrai les ordres de mon maître.

-         C’est à vous de trancher, Prince, affirma le capitaine.

-         Quelle route voudriez-vous emprunter ?

-         Nous allons filer droit vers Dümrist jusqu’à l’aube, expliqua Tarlaq. Puis nous ferons un détour par le Sud afin de semer d’éventuels poursuivants. Ensuite nous regagnerons la capitale par des chemins peu fréquentés. Nous serons arrivés demain soir.

-         Mais comme c’est une initiative de notre cher baron, il y aura forcément des complications, signala Vladek.

-         C’est bon, partons, décida Alexandre en se levant.

Hustouk remarqua alors le silhouette d’une petite fille penchée au balcon du chariot d’Irno Vorgen. L’Ork avertit aussitôt ses compagnons

-         C’est Lida ! Elle nous a entendus !

-         Mais non, le rassura Namâric. Elle est sourde, rappelle-toi !

-         Mouais...

-         Allons-y, maintenant ! ordonna Tarlaq.

-         J’aurai peu dormi cette nuit, nota Alexandre.

-         Désolé, s’excusa le baron sans avoir l’air particulièrement affligé.

Le Prince et les quatre guerriers enfourchèrent leurs montures et s’élancèrent dans les ténèbres sous le regard intéressé de Lida.

 

 

Le lendemain, il neigea sans discontinuer. Mais le vent n’était pas fort, de sorte qu’il ne gênait en rien les voyageurs. Les cinq cavaliers progressaient rapidement, évitant soigneusement les villages et les routes.

-         Nous aurions quand même pu prévenir nos hommes avant de partir, dit soudain Vladek.

-         Ce sont des soldats de valeur, mais je n’étais pas sûr de pouvoir leur faire confiance, expliqua Tarlaq. Et je souhaitais prendre le moins de risques possible.

-         Cependant, vous en avez pris un, lui fit remarquer le capitaine. Nous ne sommes que cinq. Si nous sommes attaqués, nous aurons du mal à nous défendre.

-         Nous n’aurons qu’à foncer dans le tas et tuer tout le monde, proposa Hustouk.

-         Je reconnais bien là le sens de la « stratégie » des Orks, intervint Alexandre.

-         Vous vous moquez de moi, bougonna le guerrier, mais cette tactique m’a sauvé la vie bien des fois.

-         Je n’en doute pas, approuva Namâric.

-         Les petits esprits se rencontrent, en quelque sorte, ricana Vladek.

-         Etonnant que tu ne les aies pas rejoints, d’ailleurs, marmonna Tarlaq.

-         Je ne saurais vous précéder, Monseigneur ! s’écria le capitaine. En aucun cas !

Le baron n’eut pas à chercher une quelconque réplique. Du pin sous lequel passait Vladek jaillit une forme noire qui agrippa le capitaine et le jeta à terre. Sans perdre de temps, Tarlaq bondit sur l’agresseur. Il y eut une brève mêlée, puis l’adversaire du baron se releva, victorieux. C’était un guerrier de haute taille, protégé par une armure noire qui ressemblait fort à celle de Namâric. Son visage était dissimulé derrière un masque en or dépourvu de tout ornement. Un fourreau abritant un long sabre était attaché dans son dos, et il brandissait une imposante hache de guerre.

Hustouk s’élança vers lui, l’épée haute. Le guerrier le laissa venir, et au dernier moment se baissa pour esquiver l’attaque tout en abattant le manche de son arme sur les jambes de l’Ork. Hustouk vacilla, mais parvint à retrouver son équilibre et frappa à nouveau. Le guerrier à l’armure noire dévia le coup à l’aide de sa hache, puis étendit l’ Ork d’un coup de pied au menton. Tarlaq et Vladek se relevèrent, leurs épées tirées, et attaquèrent le guerrier à leur tour. Ce dernier ne sembla pas incommodé. Il se mouvait bien plus rapidement que ses adversaires, contrant les assauts sans difficulté. En quelques secondes, il désarma les deux soldats par de violents coups de sa hache.

-         Laissez-le ! cria Namâric à l’adresse des deux hommes, qui s’apprêtaient à poursuivre le combat à mains nues. Il est trop fort pour vous !

Le Paladin descendit de son cheval, son arc à la main, prêt à tirer.

-         Olaf, souffla-t-il.

-         Rectification, déclara le guerrier. Maintenant c’est Lord Draxor.

-         Ca ne change rien, dit Namâric en ajustant son tir. Je vais pouvoir remplir ma mission.

-         Attends ! Tu ne sais pas ce qui passe ! J’agis pour le bien de ce monde !

-         Et moi j’agis selon mes ordres, répondit le Paladin d’une voix dure. Donc, tu meurs.

-         Tu ne tireras pas. Je le sais. C’est pour ça que je ne t’ai pas abattu depuis mon abri.

Namâric sembla hésiter, puis lâcha son arc et dégaina son épée.

-         C’est vrai. Nous avons trop de comptes à régler pour en finir si vite.

Et les deux guerriers se ruèrent l’un sur l’autre.

Draxor porta un coup latéral. Namâric se jeta en arrière pour éviter l’attaque tout en abattant sa propre épée. Son adversaire para de justesse, se dégagea d’un grand mouvement de bras, puis repartit à l’assaut.

Publié dans histoiresdefarlo

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